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 En cette rentrée timide du PAF, rediffusion cette semaine sur FranceÔ du film documentaire “Je suis né griot”, dont j’ai co-écrit le scénario et assisté la réalisation.
Au cœur du Mali, terre de légende et de richesse culturelle, un personnage s’est érigé depuis huit siècles en héritier institutionnel de la culture orale, en dépositaire de la mémoire collective et en pilier d’une tradition musicale séculaire. Le Djeli, ou griot, est le conseiller-poète de toute la société Mandingue, le troubadour respecté, le chanteur de vérités. Investi dans toute l’Afrique de l’ouest d’une mission de médiateur, de pacificateur et de régulateur, il est l’artisan du verbe, le seul à pouvoir dire l’indicible. Il possède une totale immunité pour louanger ou critiquer en public, ce qui lui confère, aux yeux de tous, une situation ambivalente faite de respect et d’affection comme de crainte et de mépris.
Sur 52 minutes, le documentaire offre une plongée au cœur de l’univers des griots, un témoignage musical de leurs traditions, et une mise en perspective de leur rôle au cœur de l’Afrique et du monde modernes. La radio, les médias, le développement de l’industrie musicale et de son commerce ont ébranlé les fondements de la tradition, bouleversant les rôles attitrés du djeli. Avec la professionnalisation de la musique, le griot n’est plus le seul à avoir le privilège du chant et de la musique. Les vocations sont nombreuses, mais la finalité n’est plus la même. La mission traditionnelle est supplantée par l’ambition personnelle, tendue vers le désir de succès national, continental et international.
On dit des griots qu’ils sont le ciment de la société. A l’heure de la globalisation, ils nous livrent la manière dont ils envisagent la préservation de leur rôle au cœur d’un monde qui avance.
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